Les Bouquetins du Bargy

Les chroniques d’une mort plus ou moins annoncée

Ci-dessous les articles, commentaires et suivis sur cette problématique.
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le 13 septembre 2013

« Les dernières heures du Bouquetin du Bargy ?

Suite à la découverte en avril 2012 de cas de brucellose dans un élevage bovin laitier de la commune du Grand-Bornand, puis de deux cas de brucellose humaine dont un enfant ayant consommé du fromage au lait cru obtenu avec le lait de ce troupeau, le Préfet de Haute-Savoie a demandé, le 24 juin 2013, l’avis du CNPN1 sur une mesure d’éradication totale de la population de bouquetins du massif du Bargy2.

La commission Faune du CNPN s’est réunie une première fois le 8 juillet et a souhaité obtenir davantage d’informations concernant la population concernée, la dynamique de propagation de la brucellose, et sur les différentes options permettant d’enrayer la maladie. A ce titre, l’ANSES3 a été saisie le 9 juillet par le Ministère de l’Agriculture et le Ministère chargé de l’Ecologie pour la réalisation d’une expertise.

L’ANSES a rendu le 4 septembre un avis relatif « aux mesures à prendre sur les bouquetins pour lutter contre la brucellose sur le massif du Bargy ». Dans ses conclusions, l’ANSES invite à la prudence et à la réflexion.

Lors de sa séance du mercredi 11 septembre, la commission faune du CNPN a pris en compte les analyses de l’ANSES, et en a conclu qu’il n’y a aucune nécessité d’intervenir en urgence de façon massive par un abattage complet de la population de bouquetin du massif du Bargy. Elle a rejeté la demande d’abattage complet de la population de bouquetins du Bargy formulée par le Préfet de Haute-Savoie. Toutefois elle reconnaît la nécessité de faire disparaitre à terme ce foyer de brucellose, et elle recommande la mise en œuvre de mesures d’abattage sélectif……….…... Espérons que l’Etat et le Préfet de Haute- Savoie, son représentant local, suivront l’avis empreint de mesure et de sagesse de la commission faune du CNPN. »

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Quelques docs pour en savoir un peu plus.

« avec le Dr vétérinaire Jean Hars et l’ONCFS, Office National de la Chasse et de la Faune sauvage
La croissance démographique de certaines espèces animales et l’émergence de maladies contagieuses ont fait qu’en quelques années la faune sauvage est devenu un véritable enjeu de santé publique. En France, l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), établissement public qui fête cette année ses quarante ans, a mis au point une épidémio-surveillance des maladies de la faune sauvage (sangliers, cerfs, blaireaux notamment), au travers d’un réseau baptisé SAGIR (Surveiller pour agir). »

 

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30/09/2013 La décision d’abattage des bouquetins du Massif du Bargy expliquée par Mr le Préfet de la Haute-Savoie

[youtube tZkn2gc0iOk]

 

2/10/13 Article paru dans Dauphiné Libéré

1/10/2013 Position de LPO et de la FRAPNA dans le Dossier de Presse ICI

Lu sur le forum camptocamp.org

« L’hiver, quand je monte en rando à l’aiguille verte et que je vois ce vieux Mâle avec ses grosses cornes, qui a survécu tant d’hivers sans assistance, faire sa trace dans la neige sans se préoccuper des avalanches etc…, Je suis à chaque fois émerveillé quand je le vois.

 

Je suis triste »

Philippe H.

bouc

UN_RESEAU_DE_SENTINELLES_POUR_LES_BOUQUETINS_DU_BARGYUN_RESEAU_DE_SENTINELLES_POUR_LES_BOUQUETINS_DU_BARGY pdf

arrete abattage boucs pdf (Arrêté ordonnant l’abattage partiel des bouquetins du massif du Bargy (Haute- Savoie) pour maîtriser puis diminuer l’enzootie de brucellose au sein de cette population, dans l’intérêt de la santé publique et pour prévenir des dommages à l’élevage et aux filières agricoles de montagne).

Brucellose bouquetins Bargy pdf (Note de réflexion concernant la demande d’abattage de la population de bouquetins du massif du Bargy en Haute-Savoie pour cause de brucellose par J.M. GOURREAU).

Avis CNPN 12 septembre 2013 pdf

Communiqué de presse – CP LPO FRAPNA FNE ASPAS ONE VOICE l’Etat veur condamner les Bouquetins du Bargy pdf

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dimanche 23 novembre 2014

Article du Dauphiné Libéré:

Il n’y aura pas d’abattage total des bouquetins du Bargy

Selon nos informations, le préfet de Haute-Savoie s’apprête à annoncer un revirement complet dans la « jurisprudence bouquetin ». Il n’y aura pas d’abattage total d’animaux du Bargy.
La ministre de l’Ecologie a demandé à ce que le protocole d’éradication soit revu, pour intégrer les nouvelles données scientifiques. En d’autres termes, c’est le retour à l’option de l’abattage des bêtes « symptomatiques et séropositives ».
Cette annonce, si elle se confirme, fait suite à la réunion du conseil national de protection de la nature, qui s’est tenu hier, et où, selon des indiscrétions, les positions du préfet de Haute-Savoie ont très violemment attaquées. Mais elles s’inscrivent surtout dans un contexte politique plus large.
Après le drame du barrage de Sivens, où un jeune militant a trouvé la mort et, à quelques jours de la conférence environnementale à l’Elysée, le gouvernement ne semble plus prêt à ouvrir un nouveau front face aux écologistes. Les arguments de ces derniers, qui militent depuis longtemps pour d’autres solutions dans la crise de la brucellose, ont été entendus au ministère, à Matignon et jusqu’à l’Elysée.
Confirmant les informations exclusives du Dauphiné Libéré, Georges-François Leclerc, préfet de la Haute-Savoie, a publié peu avant 15 heures, sous le titre « Assainissement de la brucellose dans le massif du Bargy », le communiqué suivant: « Ségolène Royal, ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie, m’a demandé, à la suite des débats du conseil national de protection de la nature tenu à Paris le 20 novembre 2014, que le protocole d’éradication de la brucellose des bouquetins du Bargy soit revu, afin d’intégrer les dernières données scientifiques disponibles.
Il n’y aura par conséquent pas d’abattage total des bouquetins du massif du Bargy dans les jours qui viennent. Le nouveau protocole sera connu début décembre, pour être compatible avec la stratégie d’assainissement que la ministre m’a demandé de mettre en œuvre avant la prochaine estive. »

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Bilan au 08/12/2014 Article du Dauphiné Libéré
ledauphine.com-ENVIRONNEMENT_Massif_du_Bargy__les_bouquetins_sment_la_discorde

ENVIRONNEMENT Massif du Bargy : les bouquetins sèment la discorde
ledauphine.com /environnement/2014/12/08/en-haute-savoie-les-bouquetins-sement-la-discorde
Depuis près de deux ans, la polémique enfle en Haute-Savoie. Faut-il éliminer tous les bouquetins du massif du Bargy parce qu’ils sont malades ?
Mais comment donc les bouquetins de Haute-Savoie ont-ils pu se trouver au centre d’une polémique remontée par étapes jusqu’aux plus hauts sommets… de l’État ?
Pour se plonger dans ce feuilleton aux rebondissements multiples, il faut d’abord zoomer sur le Bargy, un tout petit massif d’une trentaine de kilomètres carrés, accroché comme une perle à la chaîne des Aravis, près d’Annecy.
L’endroit est un paradis pour les randonneurs et les montagnards, et un refuge pour les bouquetins : au début de la décennie, on comptait plus de 500 spécimens dans le secteur. Mais en 2011, la découverte d’un cas humain de brucellose, au Grand-Bornand, l’un des villages limitrophes, déclenche une tempête. La maladie peut être très grave. Elle se transmet par le lait contaminé.
En pleine zone de production du reblochon, le fromage star de la gastronomie et de l’économie haut- savoyarde, l’affaire est prise très au sérieux.
Immédiatement une enquête est lancée. Elle permet d’identifier le troupeau de vaches à l’origine de la contamination. Les bêtes sont abattues dans la foulée.
Mais il reste un mystère à éclaircir : d’où est venue la maladie ? Les scientifiques poursuivent leurs investigations et finissent par identifier un coupable : le bouquetin du Bargy. C’est dans ce massif que le dernier cas de brucellose connu en Haute-Savoie s’était déclaré en 1999. Dès lors, il ne reste plus qu’à échafauder une hypothèse qui va se vérifier : la maladie s’est “cachée” pendant plus de 10 ans, utilisant les bouquetins comme “relais silencieux”. Des prélèvements sur le terrain achèvent de confirmer ce scénario.
« Dès lors, nous étions face à un défi, explique un rapport de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage. Comment gérer un foyer de brucellose, avec un réservoir sauvage chez une espèce protégée, en plein cœur du bassin de production du reblochon fermier au lait cru ? »
L‘enjeu est de taille. L’affaire est ultrasensible, sur ce territoire où une alerte sanitaire mal maîtrisée pourrait mettre en péril toute la filière reblochon.
Une dérogation à la convention de protection
En 2013, sur la base d’une dérogation à la convention qui protège le bouquetin, une première séquence d’abattage a lieu dans le massif. Gendarmes à l’appui, l’opération est spectaculaire. Les bouquetins testés positifs, ceux qui présentent des signes de la maladie et ceux âgés de 5 ans et plus – les plus touchés – sont éliminés. En tout, 322 animaux finissent chez l’équarrisseur.
Problème, au printemps dernier, de nouvelles analyses indiquent que la brucellose n’a toujours pas déserté le massif. Seule bonne nouvelle : elle n’a visiblement pas migré sur les territoires voisins.
C’est à partir de ce moment que l’affaire prend une autre tournure. D’abord discrètement, puis de
manière de plus en plus visible, le préfet de Haute-Savoie pousse la solution qu’il juge la seule efficace : éliminer tous les bouquetins du Bargy pour casser le foyer infectieux. L’idée est radicale. Elle a pourtant le soutien d’une partie des élus haut-savoyards et surtout, des éleveurs. De la Confédération paysanne à la FDSEA, en passant par la Chambre d’agriculture, c’est tout le monde agricole local qui s’emploie à défendre cette option.
Pour la Frapna, l’abattage total est un non-sens et ne règle rien
Mais en face, les associations écologistes, jusqu’alors prudentes bondissent. Pour elles – la Frapna en tête -, l’abattage total est un non-sens en matière de protection animale. Et il ne règle en rien en matière d’éventuelle extension de la contamination. « Pire, les animaux traqués par les chasseurs chargés de les abattre pourraient même fuir vers d’autres massifs » prévient une porte-parole. À la tête d’un collectif, l’association dégaine rapport sur rapport pour contester l’éradication et saisit tout ce que le ministère de l’Environnement compte d’instances pour contester la mesure.
Las. Lors de sa visite en Haute-Savoie au mois de septembre, la ministre de l’Écologie Ségolène Royal lâche : « Il faut assainir le Bargy. » Pour le préfet, le message est clair. Quels que soient les avis qui seront rendus, il prendra sur lui, comme la loi l’y autorise, de demander l’abattage total. Il finit même par l’annoncer officiellement.
Cependant, dans le même temps, le feu vert ministériel met à l’œuvre d’autres forces qui vont tirer dans l’autre sens, en mettant en avant le poids des études scientifiques. Ces arguments vont finir par porter.
Le 20 novembre dernier, à l’issue d’une réunion houleuse, le Conseil national de protection de la nature (CNPN) rend un avis opposé à l’abattage de tout le cheptel. La décision n’est pas surprenante. Elle était même courue d’avance et devait être contournée.
Mais le coup de théâtre vient du ministère de l’Écologie. Ségolène Royal demande au préfet “de revoir le protocole d’abattage”. En d’autres termes, elle ordonne au représentant de l’État en Haute-Savoie de revoir totalement sa stratégie.
Le revirement est brutal. Mais il s’explique. Politiquement, il est impossible d’ouvrir un nouveau front. L’expérience violente de la contestation contre le barrage de Sivens, dramatiquement illustrée par la mort d’un jeune militant, et la crainte de voir des opposants radicaux investir le massif du Bargy – même si l’hiver et l’altitude pouvaient dans l’immédiat limiter le risque – sont à coup sûr passés par là.
De même qu’un fort lobbying exercé sur le ministère de l’Écologie. Mais également jusqu’à Matignon et à l’Élysée.
Voici comment les bouquetins de Haute-Savoie sont désormais connus… jusqu’aux sommets de l’État.

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Le 12/03/15
Article du Dauphiné Libéré
MASSIF DU BARGY
Le préfet valide la capture et l’abattage de nouveaux bouquetins

En cette période de réserve liée à la proximité des élections, la décision n’a fait l’objet d’aucune publicité. Un arrêté préfectoral, discrètement publié le 3 mars dernier, vient pourtant de valider l’abattage de bouquetins supplémentaire, dans le cadre de la lutte contre la brucellose dans le Bargy.

Dans l’un des précédents épisodes de cette affaire à tiroirs, l’option d’un abattage global de tous les bouquetins du massif, préconisée par le préfet, avait finalement été bloquée par la ministre Ségolène Royal, sous la pression des associations environnementalistes.

Il n’en reste pas moins que la nécessité de poursuivre la vigilance sur l’extension éventuelle de l’épizootie demeure. C’est le sens de ce nouvel arrêté préfectoral.

Il prévoit “la capture et l’euthanasie directe des bouquetins de tous sexes et de tous âges dont l’infection brucellique aura été confirmée grâce au test rapide, qu’ils présentent ou non des signes cliniques de la maladie”.

L’autorisation d’abattage est valable jusqu’au 30 juin

Au total, ce protocole prévoit la capture d’une centaine de bêtes et confirme donc que seules les séropositives seront abattues. Il servira de base à un nouveau rapport épidémiologique dont les résultats seront transmis au ministère.

Sur un plan pratique, ce sont les agents de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage qui seront chargés des captures, tandis que des vétérinaires pratiqueront les euthanasies. L’arrêté précise également que les “points de passage” entre les massifs feront l’objet d’une surveillance particulière, pour éviter une dispersion de la maladie.

L’autorisation d’abattage est valable depuis la publication de l’arrêté, le 3 mars et court jusqu’au 30 juin prochain.

Selon nos informations toutefois, aucun prélèvement n’a toutefois été effectué ces derniers jours. Il faudra attendre plusieurs semaines, et une bonne fonte des neiges pour voir les opérations débuter.

Arrêté préfectoral bouquetins (pdf)

cause de brucelloseNote de réflexion concernant la demande d’abattage de la
population de bouquetins du massif du Bargy en Haute-Savoie pour
cause de brucellose